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30.03.2010

n'oublions pas nos morts

Il y a 1 an de cela, quasiment jour pour jour, se produisait un des drames, sinon le drame le plus meurtrier de l’histoire footballistique de la Côte d’Ivoire. 19 morts selon les versions officielles et des centaines de blessés, lors du match opposant les éléphants au Malawi.

Il ne s’agissait pas cette fois de violences causées par les supporters de l’Africa sport national (qui sont friands de ce genre d’actes méprisables), mais il était question ni plus ni moins de l’amour, de l’admiration portée à nos joueurs nationaux ; mais aussi et surtout de l’incompétence,  de la corruption et de la corruptibilité du comité d’organisation de la FIF et des forces de sécurité.

La disparition  de ces hommes et femmes avait arraché des larmes à tout le peuple, même au président de la république (lors de la cérémonie hommage il était obligé d’interrompre son discours car le trop plein d’émotion lui a provoqué des sanglots)  et même encore aux joueurs, que ces « pleurs » n’ont pas privé de la traditionnel virée en night club d’après match.

Mais voilà un an après tous semblent avoir oublié ces martyrs du sport, morts pour et à cause de notre football. Certes  une cérémonie officielle de commémoration a été organisée, mais la situation chaotique que traverse notre équipe nationale, ne doit pas être du goût de ces « martyrs » qui doivent certainement se retourner dans leurs tombes face à tout ceci.

-Je me demande ce qu’ils ont bien pu ressentir, quand, alors même qu’ils tombaient dans les couloirs du « felicia », les responsables de notre football avec à leur tête le sommet de l’Etat, n’ont pas eu le cran de faire annuler le match ne serait ce que par compassion, mais bon ! que valent ces quelques morts face aux intérêts colossaux notamment financiers en jeu dans le football d’aujourd’hui ? Que représentent  19 vies de supporters et la douleur de centaines d’autres, face aux sanctions qu’aurait pu nous infliger la FIFA ?   Quand je pense que pour quelque bus déglingués, a quelques encablures de stade, certains matchs sont reportés en Europe,  ou encore quand pour des « va-t-en  sale nègre » ou  pour des « dégage gros singe noir » poussés par des spectateurs blackophobes , certains joueurs ont quitté des stades…

 Quoi ?  Ou bien faut il croire en la version autant officielle qu’insultante du :«  on ne savait pas, c’est après le match qu’on l’a su » ?  FOUTAISE !  à qui veut on faire  avaler ça ? Une bousculade de cette ampleur avec autant de dégâts, et qui a suscité la mobilisation de tels secours (qu’on a pu voir dans les médias), n’a pu avoir lieu 30 mn avant le match sans que les autorités présentes et les dirigeants de la FIF n’en aient eu l’information dans les 5 mn suivants sa survenance.                                                                                                                                                           

Et la télévision nationale, les journalistes, qui comme par enchantement, en   produisent  les images aujourd’hui, alors que pendant le match, ont occulté ce qui se passait, pour célébrer honteusement des buts tachés de sang, eux aussi ne le savaient pas je suppose ?

Ce pays a perdu le sens des priorités, de la dignité et cela se ressent dans tous les secteurs de sa vie…

-Je me demande encore ce que peuvent bien ressentir ces martyrs, quand, plus récemment, croyant contenter le peuple, et pour dissimuler les raisons d’une démission collective de nos joueurs, ont change d’entraîneur à 6 semaines du mondial, à coup de millions d’euros, juste pour 3 mois et comme pour narguer l’infime partie de la population qui a encore les « pieds sur terre » et qui ose  s’en plaindre, on  lui lance : «ce n’est pas votre argent ! » ,

Que penser de tous ceci ? quand notre classe politique préoccupée par le pouvoir, l’argent, la gloire et tous ce qui va avec, est devenue insensible aux souffrances et à la soif de paix de la nation… et que pour se soulager de ces maux et pour matérialiser notre rêve d’unité, tous nous  nous réfugions dans le foot…

De grâce que le « sacrifice » de nos frères et sœurs ne soit pas vain, que ces vies perdues et marquées à jamais nous permettes d’éviter ce qui est arrivé ce 29 mars noir, que la corruption, le politique, l’appât du gain et autres tares qui nous font déjà tant de mal au quotidien ne pénètre pas dans les stades…

 

Devoir de mémoires, plus jamais ça !

Pour toutes les victimes du 29 mars 2010.

05.02.2010

crise identitaire?

Une fois n'est pas coutume, sortons des jupons de notre vénérée THEMIS pour oublier ne serait ce que le temps d'un sourire, les dédales de la justice. Je sais pas pour ma part s'il faut rire des lignes qui suivront, je laisse cela à votre appréciation... mais c'est encore une fois un truc vrai que j'ai moi même vécu.

Les faits se déroulent dans une paroisse du  diocèse d'Abidjan ( catholique) et c'était la messe solennelle de la rentrée pastorale de l'année 2010; le prêtre dans son homélie ( sorte de prêche ) chez les catholiques; le célébrant a posé une question pour le moins pertinente, à savoir est ce que nos grands parents qui ont vécu et qui sont morts avant la venue des missionnaires, donc qui n'ont pas eu connaissance de l'existence d'un homme super sympa appellé JESUS CHRIST,sont au paradis? après moults réponses incorrectes, le père a décidé d'interroger les enfants en reformant la question de la sorte: " les enfants, est ce que grand père zongo, ouédraogo, sawadogo... sont au paradis puisqu'il n'ont pas reçu la bonne nouvelle?" ( il y a une forte communauté burkinabée sur ladite paroisse") et curieusement un bambin de 12 ans environ pas plus grand que ça en tout cas s'agite dans tous les sens pour répondre NON! alors le pasteur de le faire venir à l'autel pour faire partager son point de vue à toute l'assistante:

- alors tu dis que pépé zongo et sawadogo n'irons pas au paradis?

- NON mon père!

- dis moi, pourquoi selon toi?

- l'abbé parce qu'ils sont burkinabé...

sans autres commentaires, doit on en rire et penser que ce n'est qu'un enfant, ou s'en inquiéter? faisons attention à ce que nous apprenons même de façon involontaire au tout petit

08.01.2010

vous avez dits GARDE DES "SOTS"?

L’aspiration profonde de tout acteur du monde judiciaire, même si souvent elle est inavouée, c’est de gravir tous les échelons de sa profession et d’accéder un jour à un niveau d’ascension d’où on peut « faire bouger les choses », c'est-à-dire pouvoir susciter et surtout mettre en œuvre les reformes et les chantiers indispensables à l’appareil judiciaire.

Combien d’avocats, entre deux audiences n’ont jamais avec des confrères, évoqués les insuffisances de notre justice, les lenteurs des  procédures… ?

Quel magistrat ne s’est il jamais offusqué du manque d’infrastructure et de juridiction ?

Huissiers, greffiers,… tous se sont indignés au moins une fois des « rouages du système », avec pour chacun cette pensée « ahhh ! Si j’étais aux affaires ! » Ou « si j’étais à tel poste, je ferais ci, ou ça et peut être ci et ça ! »

Et la fonction à laquelle tous font allusion est celle prestigieuse, noble et ô combien pleine de responsabilités, de GARDE DES SCEAUX.

 

La Côte d’Ivoire a eu la chance dans sa jeune histoire judiciaire d’avoir vu à ce poste « des fils de la maison », des hommes et des femmes rompus à la chose judiciaire, de part leur profession (avocat, magistrat…) Pas que les autres sont ou ont été moins compétents, mais juste que connaissant la maison, les premiers sont mieux armés pour en détecter les tares et y apporter les solutions idoines. Sinon on a vu passé à ce poste des « civils » qui n’ont pas démérité plus qu’un autre ;Quoiqu’il  y a eu également comme ministre de la justice, des fruits de choix politiques, qui n’eurent pour mission que la distribution de certificats de nationalité et la nomination désordonnée de magistrats.

Mais paradoxe des paradoxes, une fois aux affaires, les « fils de la maison », autrefois virulents dénonciateurs du système, qui avaient des clés à la demande pour tout ambages judiciaire, finissent par oublier comme par enchantement  toute leur valeur. Après le cas très édifiant de Me ********, éminent avocat devant l’éternel, mais qui a déçu plus d’un de ces confrères, une fois accédé à la chancellerie, on assiste aujourd’hui à la déconvenue de l’actuel gardien du temple de Thémis ; très bon et intègre magistrat, parquetier hors pair (de l’avis général) est en passe de devenir un véritable automate du régime et de ses mandants (il a été nommé sur proposition du G7 : groupement politique comprenant divers partis de l’opposition et les forces nouvelles) à preuve les récentes nominations et mutations des magistrats, opérées par la violation flagrante du principe de l’inamovibilité des magistrats et des formes dues en l’espèce ; et la mise sur le carreau de plus de 35 magistrats (qui sont sans poste, sans siège mais qui garde le statut de juge et leur salaire) sans raison apparente sauf pour assouvir les desseins politiques de certains, alors même que tous nous savons qu’il y une insuffisance de magistrat et que pour raison d’audiences foraines la tenue des audiences a été longtemps entravée ; situation que nous revivons actuellement du fait du contentieux électoral.

 

Mais tiens! Certains lui trouvent des circonstances atténuantes notamment du fait de la fameuse situation de crise que connaît …et bla bla bla bla…

Soit ! Mais certains ministères malgré la situation, ne s’en sortent pas plus mal, avec l’ouverture de chantier audacieux, l’établissement de nouvelles reformes etc.

 

Mais bon qu’à cela ne tienne ! Sa dernière sortie lors de la présentation des vœux au président de la république, en dit long en ce qui me concerne, sur la situation décrite plus haut.

En effet à la question d’un journaliste de savoir qu’elle sont les enjeux et défis du ministère de la justice pour l’année 2010, notre cher garde des sceaux a répondu en substance : «  j’ai quasiment fini ! Avec la fin des  audiences foraines et avec la fin prochaine  du contentieux électoral, ben j’en aurais fini »  

Sont ce là les défis de la justice en 2010?  Sauf votre respect Mr le ministre, je me permets de vous dire  NON !

 Mr le ministre lorsque les redéploiement du service de la justice sur l’ensemble du territoire sera une réalité ; lorsque les justiciables auront à nouveau confiance en leur justice, lorsque la justice sera épurée de toute corruption, lorsque notre très chère mère Thémis sera logée dans toute les juridictions du territoire dans des tribunaux digne de son rang, lorsque la situation des droits de l’homme aura atteint un niveau acceptable… bref lorsque le ciel de la justice se sera un temps soit peu éclaircis, là, vous pourrez dire que vous en avez fini !